
Conçue un soir d’orage fracassant un été à Paris, dans la cambrure ramifiée d’un éclair asexué qui vint déposer ses gonades sur un Chardon urticant des plaines de Castille – ycelui-même vint toucher le dôme turgescent de l’Abbaye de Thélème, suivant le souvenir allotropique de Pantagruélistes sans patente

Nadia prit naissance un Lundi d’Avril sous la neige dans la ville Mystéricque des Enfants-sans-souci, alors que les carcasses des pendus claquaient au vent de Montfauxcon et que quelques bons amys se réchauffaient au vin guinguet des pentes de Belleville (dont on sait qu’il rétame jusqu’à l’os les casseroles).

Au pas gaillard de la Danse Macabre des Innocents, elle prit la main d’une Camarde en carton-pâte dansant la gigue – qu’elle brada en contrebande à un bateleur reconverti aux assurances – mais, trébuchant sur le Pet-au-Diable en passant le Diable-Vauvert, à la façon désarçonnée de St Pierre cul-par-dessus-tête sur le chemin de Damas, elle reçut la vision-tonnerre des Enfants de l’Ouest qui décalcifie d’un coup-d’un seul- l’hégémonie de l’ère moderne.

Rendue aux temps mythiques des borborygmes et des prodiges, c’est à Memphis, dans l’enceinte sacrée du culte millénaire du Taureau Apis-certains établissent toutefois qu’il s’agirait de Zamora, forteresse imprenable depuis son siège en 1072-qu’elle poursuit une vie Étrange.

Le daimôn personnel qui l’accompagne, aux allures bouffonesques d’un Momus arlequiné que d’aucuns prennent pour l’avatar du retour du refoulé, pousse sur les routes saccagées du sens littéral sa carriole d’ymages réfractaires et urticantes, abyssales et abîmées, lesquelles prennent à l’heure du prêt-à-voir les armes magiques d’une Croisade de l’ymagination des profondeurs dont le remède excite le poison.

Détramer le monde, détruire l’histoire : à l’heure du monopole narcissique des visions et des discours qui assimile tout éclat d’altérité en gestation dans la matrice d’une conformité engloutissante, faire de la magie c’est retrouver le chemin discrépant d’une source dangereuse.

Il faut alors se fondre dans la peau de l’idiot du village, ce miroir fracassant de la duplicité jouissive du mystère des choses pour désenvoûter le sort de l’âme humaine revendue si bon marché à la vindicte du Mystère

Devenir analphabète, frayer et effrayer, traquer et détraquer, dans la force oxymorique et extatique d’un seul geste qui dissout et coagule.

À la table des archaïsmes et des éclairs, dans le giron salvificque d’une bouteille de vin rouge de Toro et de l’accent à couper à la faux d’un conteur de Sayago, Nadia poursuit, force de tours de passe-passe, de redonner à un autre le goût d’une liberté d’ymaginer qu’il ignore peut-être lui-même encore.

En Espagne où elle s’adonne avec ardeur aux pas-de-côtés et à l’exécution en effigie des syntaxes, un soir de Carnaval expiré, alors qu’elle arrachait l’armure pourrie de métaplasmes d’un simulachre de Conquistador qu’une baraque de foire avait abandonnée au large d’un éphémère Siècle d’Or, elle tomba nez-à-nez sur cette phrase, au pied d’un gibet désossé où croassaient des mandragores :
Faire de la magie c’est redonner à l’autre la puissance inentamée de la naissance de sa joie, là où, sans plus de filtres elle jaillit.
Dès lors, elle l’a fit germer.

Et jusqu’au renversement du cinquième soleil.
–Dans l’amitié turgescente des Vivaces qui prennent racine où on ne les a pas plantés au grand dam des cultures, Salut.
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*peut contenir des double-sens érectiles et des espèces benthiques non-répertoriées
Ouvrages :
HALO n°1, Le Monde à l’envers – une perspective initiatique