
Quand on l’interroge sur son travail « graphico-intuitif » et sur ses prédispositions à la médiumnité, Catherine, qui affirme avoir pris conscience, dès 1989, « que l’homme est calé entre l’énergie de la terre et l’énergie du ciel », parle, elle, d’art « vibratoire », de « dessins et portraits vibratoires », « vestibules de mondes « invisibles » », qui le plus souvent traduisent des « états émotionnels », dont elle fait remonter l’origine à l’année 2006, au cours de laquelle elle avait vu disparaître six de ses proches, ceux qu’elle appelle ses « petits morts », en un très court laps de temps et commencé « à peindre des « terres d’accueil » », selon ses mots, « pour les accompagner ». « Mon œuvre dite spirite ou médiumnique », précise-t-elle en prenant la précaution de dire : « Je n’ai pas de théories sur la question, encore moins de réponses.
(…) à une époque où je caressais le projet de demander une résidence d’écriture à la villa Yourcenar qui, du haut du Mont Noir, domine la plaine des Flandres et le cimetière de Bailleul, pour y écrire un texte sur Nadja dans l’environnement géographique où elle a fini ses jours, mon chemin a croisé à nouveau celui de Catherine L. et, alors que je lui faisais incidemment part de ce projet, elle me confia, c’était en effet de l’ordre de la confidence, mais assurée, qu’elle avait le sentiment d’être, depuis un certain temps déjà, en communication avec Léona Delcourt, puisque tel est le nom de la « figure intemporelle, nimbée de toute l’aura du rêve comme peut l’être l’Aurélia de Nerval » qui hante aussi le livre éponyme « dont l’éclat à la fois la révèle et la cache ».
Patrick Lepetit
62 pages, 20 x 28 cm, 20 €